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Achats d’énergie : Erreur n°4 : Attendre dans un marché bas ou l’excès d’optimisme qui coûte des millions

By 9 septembre 2026No Comments

Ne pas sécuriser ses prix d’énergie quand le marché atteint un point bas historique est l’une des erreurs les plus coûteuses en achats d’énergie. Elle naît d’un excès d’optimisme : on parie que la baisse va continuer, alors qu’un point bas historique est justement le moment où le risque de remontée est le plus élevé. Cette erreur a un nom dans notre série : c’est l’Erreur n°4, celle de ne pas couvrir dans un marché bas.

Un exemple concret : achat d’électricité en février 2016

En février 2016, le prix du Cal+1 électricité (le contrat pour une livraison en 2017) est passé sous la barre des 26 €/MWh, son plus bas niveau en dix ans. C’était une fenêtre de tir rare : les prix de l’énergie n’avaient pas été aussi bas depuis une décennie, et rien ne garantissait qu’ils le resteraient longtemps.

Face à ce niveau historiquement bas, la proposition logique était de couvrir une part significative des besoins « long » — c’est-à-dire de sécuriser ce prix a minima sur l’année à venir (et même les échéances calendaires plus lointaines étaient intéressantes), avant que le marché ne remonte. A l’époque étant acheteur à l’échelle européenne c’est la proposition que j’avais présentée à ma Direction.

La réponse a été un « no go ». La logique de ce refus : la tendance baissière semblait installée, et rien ne semblait justifier de bloquer des volumes dès maintenant plutôt que d’attendre une baisse supplémentaire.

Le marché n’a pas continué à baisser. L’opportunité de sécuriser des prix historiquement bas a été manquée — non par manque d’analyse, mais par un excès d’optimisme collectif sur la poursuite d’une tendance.

Pourquoi cette erreur se répète

Ce biais n’est pas propre à un cas isolé. Il repose sur un mécanisme psychologique bien identifié : à l’approche d’un point bas historique, la tentation est de croire que « ça va encore baisser », précisément parce que la tendance récente a été baissière. C’est l’inverse du raisonnement qui devrait prévaloir : un plus bas sur 10 ans est un signal de rareté, pas forcément une promesse de poursuite.

Comment éviter cette erreur

Trois leviers permettent de sécuriser une décision de couverture dans un marché bas, plutôt que de la reporter indéfiniment dans l’espoir d’un niveau encore plus favorable :

S’appuyer sur des indicateurs techniques objectifs plutôt que sur un ressenti de tendance, pour identifier le moment d’achat plutôt que de chercher à deviner le point bas absolu. Ainsi, un analyste technique va rechercher systématiquement ce qui se passe en termes d’analyse graphique  — Détecter des signaux de continuation / retournement de tendances ou des divergences entre prix et indicateurs techniques. Savoir les identifier et les exploiter permet de transformer un point bas perçu comme « encore incertain » en fenêtre d’achat argumentée.

Fractionner la couverture : sécuriser une première tranche dès qu’un plus bas historique est atteint, puis compléter progressivement, plutôt que de tout miser sur un timing parfait — ou de ne rien faire.

Documenter la décision auprès de la Direction avec des des éléments techniques simples pour objectiver la proposition de prise de position, et limiter le poids du simple « sentiment de marché ». Contrairement à une idée faussement répandue, les principes de l’analyse technique sont simples, ce qui permet d’en faire un bon outil pédagogique auprès des décideurs.

C’est exactement ce que couvrent les formations Achats de Gaz et d’Electricité Niveau 2 (analyse graphique) et Niveau 3 (indicateurs techniques pour préciser le moment d’achat) : donner aux acheteurs d’énergie des outils objectifs pour reconnaître ces fenêtres, et surtout pour convaincre en interne qu’un point bas historique est un signal d’action, pas une raison d’attendre.

En résumé

Un marché historiquement bas n’est souvent pas une invitation à attendre encore. L’excès d’optimisme sur la poursuite d’une tendance baissière est l’un des pièges les plus fréquents en achats d’énergie — et l’un des plus coûteux, car l’opportunité manquée ne se représente pas toujours à l’identique.

 

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